dimanche 11 juillet 2010

Parmi les meilleurs




Parmi les anciens disciples de Wang xiangzhai, les personnes qui furent proches du fondateur du yiquan dès les années 30 furent, pour la plupart, des experts et champions réputés.
Ces élèves de la première époque ont souvent continué à pratiquer l'école dans laquelle ils excellaient déjà en y incorporant les éléments qu'ils avaient appris en pratiquant le yiquan, une nouvelle façon de faire...
Si, de nos jours, la notion de pratique sportive semble aller à l'encontre de la théorie de la boxe chinoise élaborée par Wang xiangzhai, il semblerait que ce ne fut pas le cas à cette époque.




Le célèbre Bu enfu enseignant une technique de Shuai jiao




Cette année furent célébré les 100 ans de la naissance de Bu enfu (décédé en 1986) qui fut un champion national de Lutte chinoise (Shuai jiao), en plus d'avoir participé au championnat national de boxe anglaise. Monsieur Bu fut parmi les premières personnes à fréquenter le maître Wang xiangzhai et l'enseignement de ce dernier influença énormément sa pratique. Il est encore aujourd'hui dans la mémoire des grands maîtres de shuai jiao comme le maître Wang wenyong...






Le maître Bu enfu, montrant une technique de shuaijiao




L'école de lutte chinoise pratiquée aujourd'hui en Chine et se revendiquant de l'enseignement de Bu enfu est grandement influencé par le yiquan...

Un autre grand expert des arts martiaux chinois qui fut énormément influencé par l'enseignement de Wang xiangzhai est Zhao daoxin. Celui-ci fut déjà réputé à l'âge de 20 ans pour avoir participé au tournois national d'art martiaux en combat (leitai) où il termina treizième. les combats se déroulaient alors en Full contact, sans protection, et le règlement était quasi inexistant. Seul les yeux, la gorge et les parties n'étaient pas autorisé à être frappés, le corps à corps et les projections étaient, bien évidemment choses courantes.

Ce type de combat, organisés en ces temps par la fédération nationale d'arts martiaux dont le président n'était autre que le général Li jinglin, ne devait pas être très éloigné de ce qui se fait aujourd'hui en MMA et que les pratiquant d'art traditionnel n'ont de cesse de dénigrer...




Tournois national Leitai de 1986 à Chengdu, extraits de combats



Le maître Zhao daoxin, à la fin de sa vie enseigna une synthèse de ses connaissances, basée sur l'enseignement des maîtres Zhang zhaodong (Xingyibaguazhang) et Wang xiangzhai (Yiquan) qu'il nomma Xinhuizhang.



Le grand maître Zhangzhaodong (assis) et Zhao daoxin (debout au centre)




A l'instar de son grand ami le maitre Lü zhengwen (autre expert renommé à Tianjin, créateur du Lüshi jiegou) il mis ses connaissances sur le papier en rédigeant un traité de boxe intitulé simplement "Traité de boxe de daoxin" (Daoxin quanlun). Malheureusement, Zhao daoxin fut une personne très dure et renfermée qui eut peu d'élève. De nos jours, plusieurs personnes en Chine affirment être ses descendants, mais il est difficile de savoir qui a véritablement pu recevoir l'enseignement de ce maître et, parmi ceux là, qui a véritablement assimilé les théories scientifiques complexes qu'il avait utilisé pour fonder son Xinhuizhang...


samedi 3 juillet 2010

Technique de jambe : la maîtrise de l'équilibre

Les techniques de jambe dans l'art martial sont souvent conçu comme fabuleuses et redoutables dans l'esprit du néophyte. Elles ont alors un coté déstabilisant et dérangeant car elles agissent sur une distance, avec une puissance et une vitesse hors norme. En revanche, elles sont souvent mis de coté dans les arts anciens, qui les simplifient au maximum, en raison d'un certain nombre de points négatifs que leur utilisation comporte. Notamment, dans la prise de risque et l'engagement de l'équilibre général du corps (et de l'esprit) qu'elles impliquent, laquelle les rend difficile à enchainer et à placer sans s'exposer...





Formidables techniques de jambes par Yori Nakamura, représentant du jeet kun do et fondateur du shoot-wrestling




La pratique des techniques de jambe relève de la capacité à utiliser la force du corps sur une jambe. Dans l'idée du Yiquan, les principes de zhanzhuang (pratique debout immobile), de shili (trouver la force par des mouvements lents) et de mocabu (trouver la force par la recherche d'équilibre dans les déplacements) comportent tous une possibilité d'orientation vers la pratique des coup de pieds. La forme de posture debout dites "le coq d'or se tiens sur une patte" (jingji duli) ou "midi-minuit" (ziwu) insistent particulièrement sur ce travail.




Posture sur une jambe (dulizuang) par Wang shangwen



L'équilibre du corps sur une jambe est, tout comme l'équilibre debout, en rapport avec la relation harmonieuse des différents segment du corps sur les 3 plans. Réduire cet équilibre au plan vertical est une erreur qui, bien que peu dérangeante dans la pratique solitaire, devient problématique lorsque l'adversaire va mettre à mal notre stabilité par une ou plusieurs forces extérieures. Celles-ci peuvent alors venir de plusieurs angles dans les 3 plans de l'espace et il est essentiel de pouvoir y résister afin de conserver notre équilibre et de produire la force escontée.






Le taekyun, école coréenne traditionnelle axée sur le travail des jambes et de l'équilibre





L'angle de frappe est, lui aussi, particulièrement important puisqu'il va permettre de toucher l'adversaire là où son équilibre est menacé, ce qui correspond au travail de déplacement...
Dans l'évolution classique du yiquan, ces déplacements sont tous regroupés autour de l'exercice "mocabu" qui comporte tous les principes élémentaires nécessaires à leur bonne maîtrise. Mocabu signifie "déplacement en friction", nom évoquant alors l'intention travaillée au sein de cet exercice et qui en est la clef : chercher une résistance imaginaire avec l'air lors de son exécution afin de renforcer l'équilibre général du corps dans les 3 plans de l'espace simultanément.





Travail du déplacement mocabu au sein de l'académie de Yiquan de la famille Yao à Pékin




Le travail du déplacement, quel qu'il soit, doit, en outre, respecter les règles de la physiologie afin de préserver le corps et l'esprit : Une posture "non-naturel" pourra être appliquée à l'entrainement mais sera bloqué par l'esprit lorsque celui-ci sera sollicité à son extrême lors d'une véritable confrontation. De plus, le respect des articulations permettra au pratiquant de conserver toutes ses facultés physiques même à un âge avancé...