dimanche 25 avril 2010

Xinyiba et yiquan

Dans une interview de monsieur Zhang fang publiée par le magazine Jingwu, ce spécialiste de l'histoire du xinyiquan explique les différentes erreurs concernant la généalogie de cette école. Il évoque, en outre, le dachengquan, école créé par Wang xiangzhai...

Ne possédant pas le texte original en chinois, j'en livre un extrait que j'ai traduit de l'anglais. Vous pourrez trouver l'interview complète ici :

La création du xinyiliuhequan par Ji longfeng n'est pas aussi simple que le disent les anciens textes, lesquels parlent de "changer sa méthode de lance en méthode de boxe". Il a du approfondir son expérience et ses recherches en étudiant plusieurs styles avant de pouvoir créer sa propre méthode. Je suis persuadé que la raison pour laquelle Ji longfeng se rendit dans la province du Henan, quittant son Shanxi natal, était d'aller étudier au monastère de Shaolin. Sans même parler du fait que le terme "xinyi" en question vient d'un classique du bouddhisme (Abhidharma kosa), le caractère "ba" utilisé dans la plus ancienne forme du xinyiliuhe (siba / les quatre saisies) est un mot qui vient du dialecte du Henan (...) Ainsi, les boxes étudiées par Ji longfeng furent certainement, entre autres, le xinyiba de shaolin ainsi que les cinq poings de shaolin (wuxingquan).

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Shi dejian, enseigant la boxe xinyiba de Shaolin





La posture de "s'accroupir comme un singe" (dunhouzhuang) est un élément antérieur à la période où le style Dai de xinyi devint un "art interne". En fait, c'est la posture des trois ensembles (santi) qui est le symbole de la transition vers un "art interne". La pensée prévalant à cette idée "d'art interne" vient du Taoïsme. Les exercices basiques de neigong sont également dérivés des pratiques taoïstes. Le xinyiquan d'avant Dai longbang n'était, quand à lui, qu'une création basée sur l'art martial bouddhiste de shaolin. (...) L'expression "santi" (les trois ensembles) tire son origine d'un poème de 7 lignes que l'on trouve dans le "Wuzhenpian" écrit par Zhang ziyang, fondateur de la tradition taoïste du sud. Il dit : " Le Dao est né du vide et devient le Qi unifié. Le qi unifié produit alors le yin et le yang. Et le yin et yang se combinent pour former les trois ensembles (santi) desquels sont produit les milles choses de ce monde."

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Le maître Wang yinghai du xinyiliuhequan commençant sa forme par "s'accroupir comme un singe" et "faire jaillir du dantian"




En regardant les différentes façon de pratiquer la posture "santi" dans les nombreuses écoles de xingyi, on peut s'apercevoir que la plupart ont perdu les éléments taoïstes qui étaient à l'origine de cette pratique. En fait, le secret de cette pratique est le "contrôle mutuel de l'eau et du feu" pour atteindre la transformation du dur en souple et jusqu'à l'étape suprême décrite par Zhang ziyang comme "la lumière surgit par le point Niwan (sommet de la tête)." (NDLR : accomplissement de l'alchimie interne).

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Boxe ancestrale de la grue du Fujian (zonghequan)



Wang xiangzhai n'a appris que des fragments du xingyiquan de l'école du Hebei dan sa jeunesse, il ne connaissait même pas les formes "siba" et "zashi". Il eut la chance de rencontrer des descendants de Li zheng (qui enseigna à Dai longbang) ainsi que d'aller étudier le xinyiba au temple de shaolin et d'apprendre la boxe de la grue au Fujian. Il devint, en outre, ami avec de nombreux maîtres de bagua et de taiji. Le dachengquan est une école nouvelle née de la compilation de l'essence de ce qu'il avait appris dans différents systèmes toute sa vie durant...