samedi 23 octobre 2010

L'épée et le souffle vital



L'épée a toujours été un objet de fascination, quelle que soit la culture ou la période de l'histoire à laquelle on l'attache. D'un objet pratique, tout d'abord destiné à la guerre, elle a pu évoluer au cours des différentes périodes de l'histoire vers un objet symbolique ou même sacré due, en partie, à l'incroyable complexité que constitue sa fabrication.

La forge revêt un caractère magique et les secrets de la fabrication d'une lame allaient parfois jusqu'à la lier au sang bien avant son utilisation : Certains mythes prétendent que les lames de fer brulantes étaient plongées dans des animaux sacrifiés pour les refroidir. Un rituel faisant, ainsi, naître la lame dans le sang.
Ce mythe, s'il a existé, pourrait être expliqué par un procédé chimique : En la faisant tremper dans du sang, la lame se chargerait en carbone et donnerait ainsi de l’acier...






Reproduction d'une épée de la dynastie Tang par les forges Hanwei



Sans nous égarer dans des superstitions, on peut affirmer que les confréries de forgerons ont donné naissance à plusieurs sectes et courant spirituels. L'analogie entre la fabrication des lames et le symbole de la création étant évidente : La maîtrise des nombreux éléments primaires (feu, eau, terre, bois, métal, air) nécessaire à ce procédé de fabrication avait tout un sens à des époques où la symbolique était la base des pratiques religieuses.
Ainsi, dans les différents courants alchimiques d'orient et d'extrême orient, la fabrication des métaux et leur transformation sont mis en parallèle avec un chemin spirituel bien précis.





Reportage (première partie) en anglais sur la fabrication des épées en Chine



La pratique de l'épée, quand à elle, fut la première dans l'histoire de la Chine à être exprimé à l'écrit avec un vocabulaire propre aux pratiques spirituelles :

Selon le professeur Meir Shahar, Docteur en Langues et civilisations chinoise de l'université d'Harvard, c'est l'utilisation de la symbolique de l'épée, récurante chez les Taoïstes qui pourrait être à l'origine d'une incorporation des techniques du souffle vital (Daoyin) dans l'escrime dès le premier siècle de notre ère. Celle-ci est mise en évidence par un texte datant du deuxième siècle de notre ère et intitulé "Les annales de la période printemps-automne des royaumes Wu et Yue" (Wu Yue chunqiu) dans lequel un épéiste accompli est invité par le roi de Yue à venir lui enseigner l'escrime. Les explications relatives au maniement de l'épée sont alors données par l'escrimeur en utilisant le vocabulaire propre au Daoyin :

"L'art de l'épée est extrêmement subtil et élusif. Ses principes sont particulièrement secrets et profonds. Le Dao possède ses portes d'entrée et de sortie, son yin et son yang. Ouvrez les portes d'entrée et fermez les portes de sorties, le yin décline et le yang s'élève. Lorsque l'on pratique l'art du combat face à face, il faut concentrer son esprit à l'intérieur et donner l'impression de relaxation à l'extérieur. Vous devez ressembler à une modeste femme et frapper comme un tigre féroce. Lorsque vous prenez différentes postures, régulez votre Qi en bougeant systématiquement avec l'esprit (Shen). Votre supériorité technique doit être aussi évidente que le soleil et aussi frappante qu'un lièvre en fuite. Votre adversaire doit mettre toute sa fougue à poursuivre votre forme et à prendre votre hombre en chasse, ce qui implique que votre image doit se trouver entre le rêve et la réalité. Votre respiration doit aller librement de l'intérieur à l'extérieur sans jamais n'être retenue. Que vous soyez en corps à corps avec votre adversaire dans des forces horizontales ou verticales, dans le sens ou à l'encontre du mouvement, n'attaquez jamais de face. La maîtrise de cet art doit permettre à une personne d'en affronter cent et à cent personnes d'en affronter mille. Si votre majesté veut en avoir un aperçu, je peux lui en faire une démonstration pour sa gouverne."



De nos jours, si l'épée chinoise n'a plus le caractère fabuleux et mystique qui lui était autrefois attribué - Les prêtres taoïstes prêtaient à leur lames des pouvoir magiques, les considérant comme des incarnations des dragons - On en retrouve symboliquement l'évocation dans certains gestes rituels. "L'épée magique" est un "mudra" (forme de main symbolique) encore utilisé dans certains rites taoïstes et dont la fonction est de "trancher" ou de "pointer".



Le mudra Pran, l'épée magique du taoïsme



Dans la culture indienne, que l'on retrouve dans l'hindouisme et le bouddhisme, ce mudra est appelé "Pran" et il a pour effet un équilibrage des hémisphères droite et gauche du cerveau, contribuant à un équilibre général de la personne et à une bonne santé mentale...

samedi 16 octobre 2010

Compte rendu du voyage en Chine 2010

C'est avec beaucoup d'excitation que notre groupe s'est envolé cette année pour Pékin à la rencontre de nos amis chinois. Et notre séjour fut plus qu'à la hauteur de nos attentes...



Le maître Wang shangwen, disciple de Wang xuanjie




A la rencontre de Wang shangwen et de ses élèves dès l'arrivée à l'aéroport de Pékin, nous avons pris tous ensemble un train de nuit à destination de Pingyi, une bourgade de la province du Shandong au pied des montagnes Meng (Mengshan). Et c'est en ce lieu isolé, dans une atmosphère paisible, que nous avons vu arriver jour après jour des amis de Wang shangwen, tous experts de haut niveau dans une ou plusieurs écoles de l'art martial...





Démonstration de xinyiliuhequan par Li yunlong à Mengshan




Ainsi, en plus de notre entrainement quotidien au dachengquan, nous avons pu assister à des démonstration de xingyiquan, zhaobao taijiquan, xinyiliuhequan, wudang taijiquan, tongbeiquan, yongchunquan...

Le voyage continua ensuite en compagnie de ces maîtres vers la province du zhejiang, pour séjourner dans l'enceinte du monastère taoiste de Huang daxian et y inaugurer l'école de notre ami Xia jiangnan, disciple de Wang shangwen.





Leçon particulière de wudangquan avec Zhang weidong



Nous avons, dès lors, pris notre petit déjeuné tous les matins au réfectoire du monastère en compagnie des moines taoïstes et nous nous sommes entrainé deux fois par jours aux cotés d'experts passionnés de l'art martial ! Tissant de véritables liens d'amitiés avec certains d'entre eux, les leçons particulière le soir avant le couché faisaient parties du quotidien...
Ainsi, nous avons, entre autre, pu être initié à la boxe de wudang par le professeur Zhang weidong.

Wang shangwen, quant à lui, nous a à nouveau démontré son très grand niveau de maîtrise (gongfu), ses grandes qualités de pédagogue et sa gentillesse extrême lors des entrainements quotidiens.





Sur les chemins entourant le monastère au petit matin




Et c'est donc avec beaucoup d'émotion que nous avons dit au revoir à tous nos amis chinois avant de monter dans le bus qui nous emmena à l'aéroport de Hangzhou à l'issue de ces sept premiers jours.

A l'arrivée à Pékin, le groupe a pu apprécier le havre de paix que constituait la cour carrée (siheyuan) dans les anciennes ruelles (hutong) de la ville où nous avons séjourné jusqu'à la fin du voyage.



L'hotel à Pékin : Havre de paix au beau milieu de la vieille ville




Là, dans le vieux quartier de Dongcheng, à deux pas du temple des lamas, le maître Li jianyu nous a rendu visite chaque jours pour nous enseigner l'essence du yiquan, le yangshenggong.
A 87 ans, il pratique encore ce qu'il a appris avec son maître, le légendaire Wang xiangzhai, et tous le groupe a pu recueillir avec le plus grand intérêt ses anecdotes et son précieux savoir




Leçon sur les toits de la cour carrée avec le maître Li jianyu



Les cinq jours passés à Pékin ont également permis au groupe de mieux comprendre le contexte culturel dans lequel est née la boxe de Wang xiangzhai et de découvrir une ville fascinante, aux monuments chargés d'une histoire millénaire...




Photos appartenant à Emmanuel Agletiner. Tous droits réservés


mardi 12 octobre 2010

Un maître du yiquan aux USA (3e partie)


Troisième partie d'une interview (extrait) de monsieur Fung cheuk, élève de Han xingyuan et de You pengxi, qui enseigne le yiquan au USA...


Q : Franchement, je ne suis pas sûr de comprendre ce que signifie yi. Ca veut bien dire intention, c’est ça ?

Fung cheuk : Intention est la traduction qui s’en approche le plus. Imagine un petit bébé qui veut du lait… Il va ramper, grimper, pousser, chercher à atteindre, pleurer ou faire n’importe quoi pour avoir ce lait. Ici, le désir de lait, c’est le yi.

Q : Donc, si je suis en train de conduire ma voiture et que je décide d’aller à gauche… L’intention « d’exécuter ce virage » c’est le yi ?

Fung cheuk : En gros, oui, c’est ça. La seule différence est que l’action innocente du bébé devient une action conditionnée pour le cas du conducteur. Vérifier le trafique, mettre le clignotant, tourner le volant, appuyer sur les pédales sont des actions dirigées et coordonnées par le désir de tourner à gauche, le Yi. Comme je l’ai déjà dit, le yiquan nous aide à lier inconsciemment l’intention de nous protéger avec la réponse « entrainée » basée sur la force hunyuan.

Donc, dans un combat, on utilise le yi de « donner un coup de poing » ?

Fung cheuk : Non, pas du tout. Dans un combat, le yi devrait être celui de neutraliser quelqu’un, de le mettre KO, de le stopper… quelque chose comme ça. Ca a à voir avec l’effet que vous voulez créer. Comme lorsque l’on conduit, on ne doit pas se focaliser sur la façon dont l’effet est produit. Il faut laisser « l’intelligence du corps » trouver comment faire en sorte que ça se passe. Le type de coup de poing, l’angle d’attaque, le timing, la distance, la puissance…etc, vont tous être déterminés par l’intuition en sorte qu’ils accomplissent le désir du yi.




Madame Ouyang ming, épouse de You pengxi, dans la posture "chevaucher le dragon"



Q : Je vois ce que vous voulez dire. C’est la question de la difficulté de relier le yi aux capacités, basées sur la force hunyuan, que l’on a acquis, c’est ça ?

Fung cheuk : Exactement. Les capacités au combat qui sont basées sur l’utilisation de tel mouvement pour répondre à tel mouvement et tous les entrainement de ce type sont quasiment inutiles. Il n’y a pas de temps pour la pensée conceptuelle ou le résonnement déductif ou encore la logique abstraite lorsque le « vous savez quoi» vous arrive en plaine poire ! Ce que nous voulons, c’est relier directement le yi avec le coup de poing ou la réponse martiale à laquelle nous nous sommes entrainé. Nous ne pratiquons pas de méthode rigide parce que nous ne souhaitons pas programmer de réponse rigide. Ce que nous voulons, c’est une réponse qui soit dynamiquement appropriée à la situation.

Q : A quoi correspond le tuishou dans le yiquan ?

Fung cheuk : Le tuishou est un jeux, ou plutôt une pratique déguisée en jeux, dont nous nous servons pour savoir où en est notre capacité à nous servir de la force hunyuan. Au niveau le plus basique de la pratique, c’est un entrainement en coopération où l’un des pratiquant se contente de rester dans une forme, laquelle va permettre à l’autre pratiquant de tester sa force. Avec du temps, ça peut devenir quelque chose de plus compétitif où les deux pratiquants essaient mutuellement leur force sur l’autre. Le tuishou permet de comprendre comment utiliser et appliquer la force hunyuan à l’auto-défence, après l’avoir développée au travers du zhanzhuang et du shili. Encore une fois, pas de forme fixe, pas de règle figée.

Q : Pourquoi insistons nous pour pousser le partenaire au lieu de le frapper ?

Fung cheuk : En fait, nous nous entrainons à frapper, c’est juste que tu comprends mal le pourquoi de ces poussées. En Yiquan, les poussées sont un outil d’entrainement qui nous aide à affiner l’utilisation de la force hunyuan, pas une technique d’attaque à proprement parler. En d’autres termes, on n’utiliserait jamais simplement une poussée dans une vraie bagarre.





Travail du tuishou et du "saut en arrière" tel qu'enseigné par le maître You pengxi



Q : Mais alors, pourquoi utilisons nous ces poussées sans arrêt ?

Fung cheuk : Une bonne poussée signifie simplement que la force hunyuan a été correctement appliquée. Dans notre méthode de tuishou, les deux pratiquants sont en entrainement permanent. Il n’arrive jamais qu’un des deux pratiquants serve de poupée de chiffon à l’autre. Celui qui utilise la force s’entraine à trouver le centre de son opposant et y appliquer la force dans l’angle qui convient le mieux. Celui qui reçoit la force s’entraine à protéger son centre et absorber ou rediriger la force hunyuan qui est appliquée sur lui. Une poussée arrive, alors, lorsque le pratiquant qui reçoit la force est submergé et près à lâcher sa forme : le résultat est qu’il laisse, finalement, la force de son opposant le projeter.

Q : Quel est le but de frapper le sol avec les pieds ? (NDR : Le « saut en arrière », une pratique mise au point par You pengxi et qui est propre à son école)

Fung cheuk : Rappelles toi, tu ne veux pas que ta forme soit submergée au point que ton équilibre soit rompu. Donc, en te projetant au loin d’un seul bloc, tu grades ta forme et ton équilibre intacte. Tu ne souhaites pas tituber en arrière en retombant au sol, car cela donnerait à ton adversaire un gros avantage. A la place, nous préférons contrôler l’atterrissage et être capable de revenir aussitôt sur l’adversaire en contre attaquant instantanément.




lundi 20 septembre 2010

Un maître du yiquan aux USA (2e partie)

Seconde partie d'une traduction de l'interview de Fung cheuk, qui enseigne le yiquan aux USA, publiée sur son site (http://yichuankungfu.com) ...


Q : Quels sont les avantages de la force hunyuan au combat ?

Fung cheuk : En prenant exemple d’une personne qui serait suffisamment entrainé, au point d’être capable d’utiliser la force hunyuan au combat, elle comporte alors de nombreux avantages. Premièrement, la structure corporelle est solide et équilibrée, ce qui procure une protection naturelle, laquelle permet d’éviter à tout moment d’être blessé trop méchamment. C’est à cela que font référence les techniques de la « chemise de fer » ou de la « cloche d’or ». Deuxièmement, la force est aux extrémités. Ce qui signifie qu’il n’est pas nécessaire de « brasser de l’air » ou de perdre un laps de temps pour la déployer. Troisièmement, le centre est stable et protégé, ce qui permet de déstabiliser plus facilement l’équilibre de votre adversaire tout en rendant difficile pour votre adversaire de rompre le votre. L’idée est d’atteindre le point ou « vos mains ne sont plus vos mains mais votre corps entier devient vos mains ». Ce qui revient à dire que vos mains ont la force de votre corps entier et que votre corps entier peut être utilisé comme des mains pour décharger la force… Il y a encore beaucoups d’autres avantage à utiliser la force hunyuan au combat mais ces points sont les plus importants.

Q : Ce que nous devons pratiquer le plus, ce sont les 8 postures ?

Fung cheuk : Non, non, non ! Zhanzhuang, ça n’est pas une posture, ou 8 postures ou 1000 postures. C’est une phase. Comme dans une course, on dit : « A vos marques, prêt, partez ! » et bien zhanzhuang, c’est le « prêt ». Ce que l’on apprend au travers des 8 postures de base, on doit finir par être capable de le réaliser de n’importe quelle position, peu importe que l’on soit debout, assis ou couché. Zhanzhuang c’est un corps unis en un bloc et un esprit prêt à se mettre en action, connecté mais détendu, alerte mais calme et prêt mais pas encore dans l’action. Les 8 postures sont des outils de base pour activer et développer la force hunyuan. L’idée étant d’être capable d’utiliser ce que l’on a appris des postures à n’importe quel moment et sans avoir à réfléchir.





Démonstration de diverses posture statiques par monsieur Fung cheuk




Q : Est ce que c’est de cela que vous voulez parler lorsque vous dites d’en faire « quelque chose d’informel » ?

Fung cheuk : Oui, si vous devez passer par un processus compliqué afin d’activer la force hunyuan, elle ne pourra pas être d’une grande utilité dans un combat.

Q : Je vois, c’est un peu comme lorsque je conduit ou fais du snowboard…pas le temps de penser, c’est ça ?

Fung cheuk : Le maître Wang xiangzhai disait : « Lorsque vous vous retrouvez face à votre ennemie, votre réaction devrait être un reflexe naturel, comme lorsque l’on se brule ». La réponse doit être lié au stimulus…

La partie difficile est de faire en sorte qu’une personne éduquée dirige son inconscient de façon à ce qu’elle permette à la force hunyuan de s’exprimer. C’est une chose de pouvoir démontrer la force hunyuan dans un environnement que l’on contrôle, mais c’est autre chose de pouvoir le faire lorsque l’on se fait surprendre. Par un entrainement correcte du yi dans la pratique du yiquan, nous augmentons nos chances de pouvoir utiliser cette force lorsque c’est nécessaire.

Q : Qu’est ce que le yi a à voir avec le qi ?

Fung cheuk : Qi veut dire énergie. L’intention et l’énergie sont en relation directe.

Q : J’ai parlé avec beaucoup de gens qui ne croient pas au qi. Je ne sais jamais quoi leur répondre. Vous avez des suggestions ?

Fung cheuk : Demandes leur ce en quoi il ne croient pas !

Q : J’ai du mal à vous suivre.

Fung cheuk : Demandes leur ce qu’ils entendent par qi. S’ils n’y croient pas, il y a des chances pour qu’ils se méprennent sur ce que signifie le qi.

Q : Ok, donc le qi, c’est l’énergie. Mais quelle énergie ?

Fung cheuk : Le qi est la manifestation en réponse au yi. Le concept chinois englobe plusieurs idées occidentales donc cela peut être assez confus au départ. Si on prend l’exemple de la conduite d’une auto et que l’on veut tourner le volant à gauche, par exemple. Le yi est d’aller à gauche. Cette intension (Yi) crée instantanément un signal électrochimique qui engendre des réactions électrochimiques dans les muscles qui, simultanément tournent le volant, mettent le clignotant, appuient sur l’accélérateur, freinent…

Le qi est la coordination et la concentration de l’énergie électrochimique qui se transforme en li, la force physique dans le corps.


(A suivre...)

samedi 11 septembre 2010

Un maître du yiquan aux USA

Monsieur Fung cheuk est d’origine chinoise. Emigré aux états unis, il y enseigne depuis de nombreuses années ses connaissances de l’art martial chinois. Son enseignement, essentiellement axé sur le yiquan, est teinté des différentes connaissances qu’il a acquit en Chine et aux états unis auprès de plusieurs experts et maîtres reconnus. Voici une traduction partielle de différentes interviews qu’il a donné à l’un de ses élèves américain, monsieur steve Ehrenreich. Vous trouverez l'interview originale, dans son intégralité et en anglais sur le site http://yichuankungfu.com

Q : Comment avez vous fait vos débuts dans le yiquan ?

Fung cheuk : Par l’intermédiaire d’un ami commun, j’ai été présenté au maître Tang er quan, un riche homme d’affaire passionné par les arts martiaux et qui était un élève de Wang xiangzhai, le fondateur du yiquan. Maître Tang, lorsqu’il pouvait le faire, enseignait à un petit groupe le zhanzhuang, le shili et les déplacements du yiquan.

Q : C’était à Hong Kong ?

Fung cheuk : Oui, en 1963. Maître Tang nous enseignait directement. Son temps était précieux et il souhaitait que nous apprenions le plus possible de ce qu’il nous enseignait. Lorsqu’il était en ville, un groupe d’élèves allait le voir, recevait quelques précisions sur la façon de pratiquer puis allait déjeuner ensemble (tradition hongkongaise du Dim sum) pour discuter de ce que l’on venait d’apprendre. A ce moment là, j’avais déjà étudié le gongfu pendant de nombreuses années donc cette méthode d’enseignement me convenait bien.

Q : Maître Tang fut votre seul professeur de yiquan ?

Fung cheuk : Non, j’ai appris le yiquan auprès de plusieurs professeurs, mais c’est maître Tang qui m’y a initié et a éveillé mon intérêt pour cette boxe.

Q : Auprès de qui d’autre avez vous appris ?

Fung cheuk : En 1975, je suis devenu élève de Han xingyuan, qui m’a enseigné à Hong Kong et à San Fransisco. Maître Han était considéré comme un des meilleurs élèves de Wang xiangzhai et était réputé pour ses capacités en combat. Dans les années 80, j’ai continué mon apprentissage avec le professeur You pengxi et sa femme. Il était, lui aussi, considéré comme un des meilleurs élèves de Wang xiangzhai et était, pour sa part, réputé pour sa capacité à manier l’énergie.

...



Application de la force par le maître Han xingyuan


...

Q : Qu’est ce que la force Hunyuan (Hunyuanli) ?

Fung cheuk : La force hunyuan est la force globale, la force du corps complet ou encore la force des six directions. Elle est différente de la force « classique » habituelle. Par opposition à la force hunyuan, la force classique habituelle pourrait être qualifiée de fragmentée, de brisée ou bien encore d’unilatérale. Cela ne veut pas dire qu’elle ne peut pas être puissante, mais le corps entier n’y participe pas. Avec la force classique habituelle, la charge nait principalement dans le groupe musculaire local du membre concerné. Avec la force hunyuan, la majorité de la charge est supporté par les jambes, la taille et le dos. La force classique est appliquée de manière directe, comme un coup de bélier, dont l’inertie vient du poids porté vers l’avant. La force hunyuan s’applique de manière indirecte… L’inertie du poids lorsqu’il s’éloigne de la cible est plus importante que lorsqu’il va vers elle. La force classique se dissipe dans le mouvement alors que la force hunyuan est contenue dans celui-ci. Cette force contenue dans le mouvement résulte de la torsion et de la vélocité.




Fung cheuk en mouvement libre de shili et déplacement




Q : Pourquoi donc la force hunyuan est elle aussi importante ?

Fung cheuk : Le développement de la force hunyuan est la base commune pour la santé et l’auto-défense. Il faut bien comprendre que la santé et l’auto-défense sont inséparables lorsque l’on parle d’art martial. Un « corps-esprit » en bonne santé est la base qui permet d’être fort et alerte. Il est donc de la plus haute importance dans le gongfu. Les exercices que nous utilisons pour découvrir et développer la force hunyuan sont bons pour la santé. Il y a eu beaucoup de choses d’écrit la dessus : Plus grande relaxation, articulations lubrifiées, tendons étirés, ligaments renforcés, massage des organes internes...etc. Nous entrainons le corps de manière holistique et équilibrée. Bien sûr, le yiquan, par nature, est martial donc nous nous concentrons particulièrement sur les postures et les intentions pour le combat. Lorsqu’elle est appliquée avec le bon déplacement et le bon timing, les techniques exprimées avec la force hunyuan utilisent les capacités du corps entier pour absorber, rediriger et décharger la force. Des techniques puissantes peuvent être appliquées sans grand mouvement, en déployant une force importante de manière soudaine. En cherchant à nous entrainer à la force hunyuan, nous pratiquons simultanément pour les questions de santé et d’auto-défense, deux aspects entrelacé de la pratique.


A suivre...

dimanche 22 août 2010

De la lance à la boxe

Parmi les traditions orales qui circulent au sein de l'école xinyi sur Ji longfeng, celui qui aurait créé cette école, on peut entendre cette histoire :

Ji longfeng, né sous la dynastie Ming, ira en rejoindre les armées lors de la grande campagne de recrutement au service militaire. Au sein de l'armée des Ming, Ji longfeng devient lancier, il apprend alors le maniement de cette arme. Son instructeur militaire se nomme Li jingde, il enseigne "la grande lance des six harmonies" (liuhe daqiang) dont le principe de base est l'unification du corps pour parvenir à manier correctement la lance. Ji longfeng s'entraine sans relâche pendant de longues années et devient un lancier hors pair. Il rreçoit alors le surnom de "Ji la lance divine" (shenqiang).




La lance xinyi et la grande lance des six harmonies




Malheureusement, les armée des Qing finissent par l'emporter sur les Ming. Les soldats Ming qui en échapperont quittent les territoires occupés et vont se réfugier dans les régions montagneuses et les monastères, d'où ils peuvent organiser la résistance.

Ji longfeng séjourne alors à Shaolin puis il se rend au mont Zhongnan. En chemin, il rencontre un moine taoïste qui a entendu parler de lui et qui connait "la lance divine". Ji longfeng est surpris que sa réputation soit parvenue jusqu'ici et la vieux taoïste lui rétorque que tout le monde a entendu parlé de lui dans la région. Les deux hommes échangent alors leurs points de vue et discutent.

Le vieux taoïste lui explique alors le pays n'est plus en guerre, que sabres et lances n'ont plus de raison d'être. Ji longfeng souhaiterait tout de même transmettre ses connaissances et le vieil homme lui suggère alors de transformer son art de la lance en art du poing, qui sera plus anodin et donc plus facile à enseigner...






Démonstration de la boxe des six harmonies




Ji longfeng travail alors à la transformation de son art et crée la boxe des six harmonies (liuhequan), qui deviendra plus tard la boxe des "six harmonies de l'intention avec l'esprit" (liuhe xinyiquan). Cette boxe se concentre essentiellement sur la réalisation des six harmonies internes et des six harmonies externes.

Les six harmonies externes sont une théorie d'utilisation harmonieuse du corps permettant, à la base, de pouvoir manier la lourde lance. Cette théorie deviendra par la suite un principe élémentaire des boxes xinyi et xingyi. C'est également un des principes de base du yiquan qui s'acquière, dans cette école, par la pratique du zhanzhuang. La recherche de force (shili) du yiquan n'étant autre qu'un exercice pour l'acquisition du corps uni (zhengti), c'est à dire la réalisation des six harmonies externes...


dimanche 11 juillet 2010

Parmi les meilleurs




Parmi les anciens disciples de Wang xiangzhai, les personnes qui furent proches du fondateur du yiquan dès les années 30 furent, pour la plupart, des experts et champions réputés.
Ces élèves de la première époque ont souvent continué à pratiquer l'école dans laquelle ils excellaient déjà en y incorporant les éléments qu'ils avaient appris en pratiquant le yiquan, une nouvelle façon de faire...
Si, de nos jours, la notion de pratique sportive semble aller à l'encontre de la théorie de la boxe chinoise élaborée par Wang xiangzhai, il semblerait que ce ne fut pas le cas à cette époque.




Le célèbre Bu enfu enseignant une technique de Shuai jiao




Cette année furent célébré les 100 ans de la naissance de Bu enfu (décédé en 1986) qui fut un champion national de Lutte chinoise (Shuai jiao), en plus d'avoir participé au championnat national de boxe anglaise. Monsieur Bu fut parmi les premières personnes à fréquenter le maître Wang xiangzhai et l'enseignement de ce dernier influença énormément sa pratique. Il est encore aujourd'hui dans la mémoire des grands maîtres de shuai jiao comme le maître Wang wenyong...






Le maître Bu enfu, montrant une technique de shuaijiao




L'école de lutte chinoise pratiquée aujourd'hui en Chine et se revendiquant de l'enseignement de Bu enfu est grandement influencé par le yiquan...

Un autre grand expert des arts martiaux chinois qui fut énormément influencé par l'enseignement de Wang xiangzhai est Zhao daoxin. Celui-ci fut déjà réputé à l'âge de 20 ans pour avoir participé au tournois national d'art martiaux en combat (leitai) où il termina treizième. les combats se déroulaient alors en Full contact, sans protection, et le règlement était quasi inexistant. Seul les yeux, la gorge et les parties n'étaient pas autorisé à être frappés, le corps à corps et les projections étaient, bien évidemment choses courantes.

Ce type de combat, organisés en ces temps par la fédération nationale d'arts martiaux dont le président n'était autre que le général Li jinglin, ne devait pas être très éloigné de ce qui se fait aujourd'hui en MMA et que les pratiquant d'art traditionnel n'ont de cesse de dénigrer...




Tournois national Leitai de 1986 à Chengdu, extraits de combats



Le maître Zhao daoxin, à la fin de sa vie enseigna une synthèse de ses connaissances, basée sur l'enseignement des maîtres Zhang zhaodong (Xingyibaguazhang) et Wang xiangzhai (Yiquan) qu'il nomma Xinhuizhang.



Le grand maître Zhangzhaodong (assis) et Zhao daoxin (debout au centre)




A l'instar de son grand ami le maitre Lü zhengwen (autre expert renommé à Tianjin, créateur du Lüshi jiegou) il mis ses connaissances sur le papier en rédigeant un traité de boxe intitulé simplement "Traité de boxe de daoxin" (Daoxin quanlun). Malheureusement, Zhao daoxin fut une personne très dure et renfermée qui eut peu d'élève. De nos jours, plusieurs personnes en Chine affirment être ses descendants, mais il est difficile de savoir qui a véritablement pu recevoir l'enseignement de ce maître et, parmi ceux là, qui a véritablement assimilé les théories scientifiques complexes qu'il avait utilisé pour fonder son Xinhuizhang...


samedi 3 juillet 2010

Technique de jambe : la maîtrise de l'équilibre

Les techniques de jambe dans l'art martial sont souvent conçu comme fabuleuses et redoutables dans l'esprit du néophyte. Elles ont alors un coté déstabilisant et dérangeant car elles agissent sur une distance, avec une puissance et une vitesse hors norme. En revanche, elles sont souvent mis de coté dans les arts anciens, qui les simplifient au maximum, en raison d'un certain nombre de points négatifs que leur utilisation comporte. Notamment, dans la prise de risque et l'engagement de l'équilibre général du corps (et de l'esprit) qu'elles impliquent, laquelle les rend difficile à enchainer et à placer sans s'exposer...





Formidables techniques de jambes par Yori Nakamura, représentant du jeet kun do et fondateur du shoot-wrestling




La pratique des techniques de jambe relève de la capacité à utiliser la force du corps sur une jambe. Dans l'idée du Yiquan, les principes de zhanzhuang (pratique debout immobile), de shili (trouver la force par des mouvements lents) et de mocabu (trouver la force par la recherche d'équilibre dans les déplacements) comportent tous une possibilité d'orientation vers la pratique des coup de pieds. La forme de posture debout dites "le coq d'or se tiens sur une patte" (jingji duli) ou "midi-minuit" (ziwu) insistent particulièrement sur ce travail.




Posture sur une jambe (dulizuang) par Wang shangwen



L'équilibre du corps sur une jambe est, tout comme l'équilibre debout, en rapport avec la relation harmonieuse des différents segment du corps sur les 3 plans. Réduire cet équilibre au plan vertical est une erreur qui, bien que peu dérangeante dans la pratique solitaire, devient problématique lorsque l'adversaire va mettre à mal notre stabilité par une ou plusieurs forces extérieures. Celles-ci peuvent alors venir de plusieurs angles dans les 3 plans de l'espace et il est essentiel de pouvoir y résister afin de conserver notre équilibre et de produire la force escontée.






Le taekyun, école coréenne traditionnelle axée sur le travail des jambes et de l'équilibre





L'angle de frappe est, lui aussi, particulièrement important puisqu'il va permettre de toucher l'adversaire là où son équilibre est menacé, ce qui correspond au travail de déplacement...
Dans l'évolution classique du yiquan, ces déplacements sont tous regroupés autour de l'exercice "mocabu" qui comporte tous les principes élémentaires nécessaires à leur bonne maîtrise. Mocabu signifie "déplacement en friction", nom évoquant alors l'intention travaillée au sein de cet exercice et qui en est la clef : chercher une résistance imaginaire avec l'air lors de son exécution afin de renforcer l'équilibre général du corps dans les 3 plans de l'espace simultanément.





Travail du déplacement mocabu au sein de l'académie de Yiquan de la famille Yao à Pékin




Le travail du déplacement, quel qu'il soit, doit, en outre, respecter les règles de la physiologie afin de préserver le corps et l'esprit : Une posture "non-naturel" pourra être appliquée à l'entrainement mais sera bloqué par l'esprit lorsque celui-ci sera sollicité à son extrême lors d'une véritable confrontation. De plus, le respect des articulations permettra au pratiquant de conserver toutes ses facultés physiques même à un âge avancé...



samedi 19 juin 2010

Interview de Wang xiangzhai (extrait)

Voici un extrait de l'interview de Wang xiangzhai au quotien de Pékin, dans les années 40, particulièrement explicite...

Question : J'ai entendu beaucoup de pratiquants de l'art martial dirent : "Si vous n'utilisez pas la force, comment pourrez vous augmenter celle ci ? Parmis les maîtres d'hier et d'aujourd'hui, aucun ne négligeait le travail d'augmenter le QI dans le dantian et c'est l'unique raison pour laquelle ils avaient des résultats."


Wang Xiangzhai: La théorie "d'utiliser la force" est du discour des profanes. Il y a également ceux qui parlent expressement de la théorie de ne pas se servir de la force mais qui, finallement, ne savent pas vraiment ce que cela signifie. Il faut savoir qu'il est correcte de ne pas utiliser la force mais incorrecte de ne pas utiliser l'esprit. Si l'on utilise la force (physique) alors les organes internes souffrent, le corps humain devient inéffectif, rigide, bête et il est alors facile pour l'adversaire de prendre avantage. En d'autres thermes, il ne s'agit plus alors que d'une forme déguisée de resistance passive. Cette résistance nait de la peur d'être touché par l'adversaire. Mais, on ne se rend même pas compte du fait que, suivant ce principe de réaction, l'esprit a déjà accepté qu'il allait être touché. Comment pourrait-on, alors, ne pas être touché ?

Ainsi, l'utilisation de la force (physique) est un grand tabou dans l'art du combat. Pour ce qui est de la théorie du Qi dans le dantian, d'un point de vue théorique, pratique et en y ajoutant ma propre vision des choses, cette théorie ne semble pas convenir. Dans l'abdomen se trouvent les intestins, l'estomac, le foie... Il n'y a pas de place ici pour le "remplir de Qi". Comme pour la fonction de la force produite, elle est forcément issue d'une combinaison de la force d'opposition (levier), de la force d'explosion (explosivité) et de la force des lois de l'univers (gravité) qui, en accord avec la respiration, permettent au corps de gonfler, d'onduler, ouvrir et fermer, le tout en fusionnant physiquement et spirituellement avec l'atmosphère (environnement extérieur).






Cette vidéo du maître de Judo Kyuzo Mifune illustre parfaitement les propos du maître Wang xiangzhai




Cela n'a rien à voir avec le qi dont les gens parlent lorsqu'ils parlent de qigong. Ils parle toujours du qi du dantian comme d'un réservoir, ce qui est totalement faux. Il faut savoir que lorsque la force est produite, elle doit être utilisée directement et totalement. De façon à être détaché de tout stress et de gagner en potentiel de force, il faut également se sentir naturel et libre, ce qui n'est autre que d'être entier. Les étudiant d'aujourd'hui ne comprennent pas cette vérité, ils passent des dizaines d'années à s'entrainer durement et au lieu d'en retirer un corps et un esprit libre et vivant, ils deviennent des machines. Quel dommage !




dimanche 25 avril 2010

Xinyiba et yiquan

Dans une interview de monsieur Zhang fang publiée par le magazine Jingwu, ce spécialiste de l'histoire du xinyiquan explique les différentes erreurs concernant la généalogie de cette école. Il évoque, en outre, le dachengquan, école créé par Wang xiangzhai...

Ne possédant pas le texte original en chinois, j'en livre un extrait que j'ai traduit de l'anglais. Vous pourrez trouver l'interview complète ici :

La création du xinyiliuhequan par Ji longfeng n'est pas aussi simple que le disent les anciens textes, lesquels parlent de "changer sa méthode de lance en méthode de boxe". Il a du approfondir son expérience et ses recherches en étudiant plusieurs styles avant de pouvoir créer sa propre méthode. Je suis persuadé que la raison pour laquelle Ji longfeng se rendit dans la province du Henan, quittant son Shanxi natal, était d'aller étudier au monastère de Shaolin. Sans même parler du fait que le terme "xinyi" en question vient d'un classique du bouddhisme (Abhidharma kosa), le caractère "ba" utilisé dans la plus ancienne forme du xinyiliuhe (siba / les quatre saisies) est un mot qui vient du dialecte du Henan (...) Ainsi, les boxes étudiées par Ji longfeng furent certainement, entre autres, le xinyiba de shaolin ainsi que les cinq poings de shaolin (wuxingquan).

(...)






Shi dejian, enseigant la boxe xinyiba de Shaolin





La posture de "s'accroupir comme un singe" (dunhouzhuang) est un élément antérieur à la période où le style Dai de xinyi devint un "art interne". En fait, c'est la posture des trois ensembles (santi) qui est le symbole de la transition vers un "art interne". La pensée prévalant à cette idée "d'art interne" vient du Taoïsme. Les exercices basiques de neigong sont également dérivés des pratiques taoïstes. Le xinyiquan d'avant Dai longbang n'était, quand à lui, qu'une création basée sur l'art martial bouddhiste de shaolin. (...) L'expression "santi" (les trois ensembles) tire son origine d'un poème de 7 lignes que l'on trouve dans le "Wuzhenpian" écrit par Zhang ziyang, fondateur de la tradition taoïste du sud. Il dit : " Le Dao est né du vide et devient le Qi unifié. Le qi unifié produit alors le yin et le yang. Et le yin et yang se combinent pour former les trois ensembles (santi) desquels sont produit les milles choses de ce monde."

(...)





Le maître Wang yinghai du xinyiliuhequan commençant sa forme par "s'accroupir comme un singe" et "faire jaillir du dantian"




En regardant les différentes façon de pratiquer la posture "santi" dans les nombreuses écoles de xingyi, on peut s'apercevoir que la plupart ont perdu les éléments taoïstes qui étaient à l'origine de cette pratique. En fait, le secret de cette pratique est le "contrôle mutuel de l'eau et du feu" pour atteindre la transformation du dur en souple et jusqu'à l'étape suprême décrite par Zhang ziyang comme "la lumière surgit par le point Niwan (sommet de la tête)." (NDLR : accomplissement de l'alchimie interne).

(...)




Boxe ancestrale de la grue du Fujian (zonghequan)



Wang xiangzhai n'a appris que des fragments du xingyiquan de l'école du Hebei dan sa jeunesse, il ne connaissait même pas les formes "siba" et "zashi". Il eut la chance de rencontrer des descendants de Li zheng (qui enseigna à Dai longbang) ainsi que d'aller étudier le xinyiba au temple de shaolin et d'apprendre la boxe de la grue au Fujian. Il devint, en outre, ami avec de nombreux maîtres de bagua et de taiji. Le dachengquan est une école nouvelle née de la compilation de l'essence de ce qu'il avait appris dans différents systèmes toute sa vie durant...




dimanche 21 mars 2010

L'enseignement du maître Yao zongxun


Nombreux furent les disciples du célèbre Wang xiangzhai et ceux de la première heure (Zhou ziyan, Hong lianshun, Zhang changxin...) furent d'ailleurs quasiment d'une génération plus vieux que ses derniers élèves.



Zhou ziyan, le tout premier disciple de Wang xiangzhai



Pourtant, un des plus grands représentants du Dachengquan, y compris du vivant de son fondateur, demeure sans contestation le maître Yao zongxun.

A la fin des année 30, Wang xiangzhai avait décidé de dispenser son enseignement martial chez lui et le "hao" (pseudonyme attribué par le maître à ses disciples) qu'il avait choisi pour monsieur Yao fut Jixiang ( 継 鄉 / celui qui prend la suite de Xiangzhai).

On peut dire que la plupart des disciples du fondateur qui ont étudié l'aspect martial après cette date ont, en grande partie, appris avec monsieur Yao zongxun.




video
Wei yuzhu, disciple de Yao zongxun



Parmi les dignes représentant de Yao zongxun, on peut citer, entre autres, ses deux fils, Yao chengguan et Yao chengrong ainsi que Cui ruibin, Liu pulei et Wei yuzhu. D'autres grandes personnalités du yiquan firent également un passage dans son école, comme ce fut le cas pour Wang xuanjie ou encore Guo guizhi.

Les qualités de Yao zongxun étaient telles qu'à partir des années 40, il fut choisit par Wang xiangzhai pour répondre aux différentes personnes venant le défier. Sa renommée fut telle qu'il est enterré au cimetière des personnalités dans l'agglomération de Pékin, non loin de la tombe de son maître...




Le maître Yao zongxun en mouvement



Nous aurons la chance d'avoir cette années en France la visite de deux grands experts ayant suivi l'enseignement de Yao zongxun :

Guo guizhi est actuellement en France, il animera un stage à Marseille le week-end du 24 et 25 avril.

Cui ruibin viendra en France au mois de mai, sur l'invitation de son élève toulousain michel Tournerie, pour une série de stage à Toulouse, Bordeaux et Pau.


Pour plus de renseignement sur :

- Le stage de Guo guizhi à Marseille, contactez Alain Hagopian au 06 31 08 91 12.

- Les stages de Cui ruibin, contactez Michel Tournerie au 06 15 70 16 92