lundi 23 juin 2008

Les étirements en zhanzhuanggong (deuxième partie)

Comme nous l'avons vu dans la première partie de cet article, le travail du zhanzhuang permet, entre autre, d'étirer certains muscles.

Les postures dites "complémentaires" permettent un travail d'étirement spécifique à différentes parties du corps, agissant toujours sur les muscles profonds du maintient postural.

Ainsi les postures de "maitriser le tigre", "chevaucher le dragon" ainsi que "le méridien" (posture sur une jambe) permettent de travailler essentiellement sur la connection jambes-tronc, notamment au niveau du psoas-illiaque, lequel est en interaction avec le carré des lombes (fléchisseur-extenseur).

La posture de "maitriser le tigre" (fuhuzhuang) peut s'exécuter de deux façons : avec les doigts vers le bas, ou bien avec les paumes vers le bas.




Entrainement à Pékin : Fuhuzhuang, paumes tournées vers le sol





Le travail sur le carré des lombes est particulièrement important et intense dans cette posture dite "à grand pas". La maîtrise de cette posture permet une grande mobilité de l'articulation jambes-tronc, laquelle est importante dans les déplacements et pour la connection avec le sol (équilibre ou enracinement). Le travail porte essentiellement sur la jambe arrière.

Ce même travail mais sur la jambe est exécuté lors de la pratique de "chevaucher le dragon". Le poid du corps doit se trouver quasi entièrement dans le kua avant (plis de l'aisne) et le mouvement suggéré est celui d'une rotation extérieur. Cette même posture est pratiqué dans la lutte chinoise pour le travail des projection de hanche.




Chevaucher le dragon par le maître Li jianyu






La troisième et dernière des "postures complémentaires est celle sur une jambe, couramment pratiqué en utilisant un appui extérieur tel un muret ou une chaise.

Cette posture est similaire à la précédente dans l'étirement mais l'appui se trouve alors sur l'autre jambe. Elle est très utile pour obtenir les sensations de sortie de force par les jambes nécessaires aux coups de pieds.




Wang xuanjie, dans son jeune age, pratiquant la posture sur une jambe






Tous ces étirements portent sur les muscles profonds et permettent d'amplifier les mouvements articulaires entre les différents segments du corps qui doivent être reliés entre eux sans altérer la connection entre les différents "segments". Le mouvement amplifié des "3 courbes" (comme elles étaient nommée anciennenment dans le xinyiquan) augmente alors la puissance des techniques...








Shili de "la tortue sort de l'eau", posture basse accentué



Certains shili peuvent alors, pour compléter ce travail, être exécutés de manière accentué ou en posture basse. C'est le cas, par exemple, du shili de "la tortue sort de l'eau" dont la force en spirale s'appuie sur un gros travail lombaire et du psoas illiaque.





mercredi 11 juin 2008

Programme du stage du 17 / 18 janvier 2009

Principes de force élémentaires :

- Le "qiba" ( 起拔 / s'étendre ) et l'axe gravitaire
- Les trois axes de forces et leurs articulations (les trois courbes du xinyi / les trois ensembles du xingyi
- Anatomie du yiquan, les 5 caractéristiques animales
- Energies du tigre et du dragon, les deux façon d'aborder la force.

Mise en application dans les postures et déplacements :

- Jijizhuang, théorie du simple et du double appui (axe vertical)
- shili, tester et trouver la force seul puis avec partenaire (axe latéral)
- Mocabu, mise en application des deux types de force en déplacement (axe de profondeur)

Mise en application dans les techniques de combats :

- Trois shili seront abordés de deux manières différentes ("vitalités" du tigre et du dragon)
- Leurs différentes applications pratiques seront travaillées avec partenaire.
Seront abordées : Les trois paumes antiques du baguazhang (xiaozhang, yezhang, tazhang / la paume qui tranche, la paume qui frappe sous l'aisselle et la paume qui s'éffondre) ainsi que pizhang (la paume qui coupe).

Pratique de la danse pour l'entretien de la santé (jiangwu) :

Explication et mise en pratique du principe de la "nage de l'esprit" pour le bien-être


Lieu :
Centre Parisien de Quan Ki Do
195 bis, Rue de Paris
94 220 Charenton-Le-Pont

Accès :
- En Métro : station 'Liberté' ou 'Porte de Charenton'
- En Bus : PC - arrêt 'Porte de Charenton'
- En voiture : par le Boulevard périphérique, sortie "Porte de Charenton". Accès par l'autoroute A4 , A6 , A1.

Dates et horaires :
- Samedi 17 janvier de 10h00 à 13h00 et de 16h30 à 18h30
- Dimanche 18 janvier de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 17h00
Tarifs : 80 euros / 2 jours
70 euros / 2 jours avec préinscription
50 euros / 1 jour

Pour me contacter :
emmanuel.agletiner@gmail.com
tel : 06 27 66 73 93

mardi 3 juin 2008

Les techniques de sortie en Tuishou

L'exercice de pousser avec les mains ou tuishou est une des sept étapes de l'apprentissage du yiquan. Cet exercice diffère quelque peu de celui pratiqué en taijiquan, dans lequel quatre techniques essentielles (peng, lu, ji, an) sont travaillées en harmonies avec les réactions du partenaire. Le tuishou travaillé en yiquan est plus libre et permet d'y intégrer un éventail de technique infini. Il comprend deux types d'entrainement : le tuishou à une main, en contrôle extérieur; et à deux main, en contrôle intérieur à la garde adverse.







Ma yueliang, démontre les nombreuses techniques de tuishou transmise au sein du taijiquan de la filiation de Wu jianquan






Cet exercice s'aborde de manière statique, en pas fixe mais prend tout son sens dans un deuxième temps, lorsqu'il est travaillé en déplacement.


Selon monsieur Yao zongxun : « Les formes de tuishou pratiquées au sein de l’école du Yiquan sont plus proches des conditions d’affrontement lors d’un combat que celles des autres écoles de boxe. Elles comprennent des déplacements ainsi que l’utilisation des paumes, poings, coudes, épaules… »

Wang xiangzhai, dans un de ses ouvrage, explique à propos du tuishou que « Pendant la pratique du tuishou, il faut être attentif à sa posture. Se concentrer sur les moments où il faut faire un demi pas vers l’avant ou vers l’arrière afin de sortir de l’attaque adverse à l’aide du déplacement. Mais, surtout ne pas chercher à faire des mouvements de bras plus grands ou plus petits. »




Yang shaogeng, disciple de wang xiangzhai en shuangtuishou





Les déplacements permettent d'intégrer le travail du contrôle de la force adverse dans une configuration "d'affrontement" plus proche du combat et doivent permettre d'apprendre à maîtriser les différents angles de placement. Ces angles sont la clef de la fameuse maxime "Avec 1 once de force, je controle 1000 onces de la force adverse". La subtilité de ces déplacements dans la gestion de la distance est tel que les anciens parlaient de "Guider un buffle en le tirant par l'anneau de fer qu'il a dans son naseau"...

Lorsque le tuishou en déplacement à été abordé, il peut être un moyen de travailler sur la distance et le timing juste pour placer une technique ainsi que sur les différentes façons de se sortir d'une situation difficile. Il existe alors différents moyen de contrôler la force adverse dans des configurations bien précises, en rapport avec les trois types de forces : haut-bas, avant-arrière et droite-gauche, lesquelles peuvent s'associer entre elles à l'infini.






Différentes techniques de contrôle en tuishou par le maître Guo guizhi






Le placement des mains et des bras n'est que le sommet de l'iceberg dans cet exercice qui n'est autre qu'un test de force à deux (shili à deux). Il est donc primordial de ne l'aborder que lorsque la base du yiquan à été maîtrisée, à savoir zhanzhuang, shili et zoubu, laquelle permet d'utiliser une force intégrale et relachée.





Différents contrôle des mains exécuté par le maître Han xingqiao



La gestion des forces de l'opposant passe alors par un mouvement subil et global du corps en déplacement. Le but final étant d'apprendre à se placer là où l'adversaire est en déséquilibre tout en gardant de grande possibilités d'action.

Un tel type d'entraînement existe dans presque toutes les écoles anciennes de l'art martial. Le point essentiel étant de faire perdre à son opposant son équilibre tout en gardant le sien, condition unique à la possibilité de placer une technique "efficace", c'est à dire une technique qui sera effective quelle que soit la taille ou de la masse de l'adversaire.




Un kata de l'école kodokan, exécuté par Jigoro Kano en personne, utilisant les principes travaillés en tuishou

lundi 2 juin 2008

Les étirements dans le zhanzhuanggong


Le zhanzhuang ou "posture de l'arbre" est considéré en Chine comme l'exercice de base de nombreuses écoles. Ce travail permet de "préparer le corps et l'esprit" à l'apprentissage de l'art martial et contient différents exercices regroupé au sein d'une seule pratique. L'aspect méditatif est en lien avec l'école Chan du bouddhisme, puisqu'il s'agit alors de rechercher "l'oublie de soi" et la fusion avec l'environnement extérieur.

Dans les écoles traditionnelles japonaises, il est souvent fait référence au Zen, branche japonaise du Chan. Selon la plupart de ces écoles, il est indispensable de parvenir à un état d'esprit vide, dans le but de ne plus craindre la mort lors d'un affrontement. Cet enseignement n'est sans rappeler que l'origine de l'art martial se trouve sur les champs de bataille féodaux...

Outre l'aspect méditatif, le zhanzhuang contient un important travail postural. La pratique de cet exercice sur le long terme permet de modifier les connections entre les différents segments corporels par un assouplissement de certains tendons et muscles, notamment aux jonctions tronc-membres. Un pratiquant confirmé va, ainsi, posséder quelques particularités physiologiques, en rapport avec ces étirements. Ce sont d'ailleurs ces "qualités physiques" qui doivent permettre au pratiquant de yiquan de dominer une force adverse sans utiliser la force musculaire, mais plutôt par le placement du corps ainsi que les déplacements.




Wang shangwen, disciple de Wang xuanjie, montre comment gérer la force adverse par le placement dans l'exercice du tuishou





Le yiquan utilise parfois une maxime provenant du xingyiquan, boxe chinoise dans laquelle il puise ses racines, pour évoquer les différentes qualités qui doivent être recherchées par le pratiquant : Dos de tortue, épaules d'ours, yeux d'aigle, déplacements de coq, tête rentrée de tigre !

Le dos ou carapace de tortue (guibei), fait référence à l'étirement des épaules qui permet de rentrer le sternum. Cet étirement est une condition nécessaire à une connection "bras-tronc" correcte, c'est à dire qui va permettre aux bras d'être quasi-directement reliés à la colonne vertébrale et donc de renvoyer la force adverse dans le sol via cet axe gravitaire. Lorsque cet étirement est visible, le sternum se vide et le dos s'arrondi, donnant cet impression de dos vouté ou de "dos de tortue". Impression d'autant plus prononcé que le pratiquant doit également avoir la tête rentré entre ses épaules, tel le tigre lorsqu'il guette sa proie.








Sternum vidé par l'étirement des épaules





"Dos de tortue" : le maître Li jianyu





Les épaules d'ours font référence, non pas à des épaules levées - elles doivent être impérativement relachées - mais à la façon de bouger de cet animal. L'ours fait bouger ses épaules et ses hanches en même temps et non de manière antagoniste et donc tout son corps bouge d'un seul bloc sur les mouvements de rotation.

Les yeux d'aigle ne font pas uniquement référence à la vue remarquable de ce rapace qui peut repérer sa proie à des kilomètres de distance. Il s'agirait plutôt d'une façon d'étirer les muscles occulaires en pratiquant l'exercice de regarder au loin. Cet étirement possède une influence sur l'équilibrage des forces dans la partie suppérieure de la colonne vertébrale et notamment dans les bras qui y sont correctement reliés via les étirements précédents.

Enfin, le déplacement du coq, fait référence à la manière de porter le poid du corps sur l'axe gravitaire qu'est la colonne vertébrale en utilisant les hanche et non les jambes pour se déplacer. En posture statique, ce positionnement se traduit par un bassin légèrement en retrait qui permet de connecter le tronc aux jambes via les muscles profond de l'ilio-psoas et non par l'intermédiaire des muscles des jambes.



Déplacement de coq par Sha guozheng du xingyiquan, notez le placement du bassin